Éducation Nationale : remettre l’école au centre du projet de société

Aujourd’hui, à la fin du cycle primaire, 15 % des enfants se trouvent en situation de grande difficulté de lecture et ils sont encore bien plus nombreux en terme d’écriture. Et le collège les achèvera ! C’est au bout du compte 620 000 jeunes âgés de 18 à 24 ans qui quitteront l’enseignement secondaire sans aucun diplôme (chiffres INSEE). La lutte contre l’échec scolaire doit constituer la priorité absolue. Un état des lieux fait en large concertation avec les enseignants eux mêmes doit être mis en place. Il distinguera les « élèves en difficulté » des « élèves en échec scolaire », les premiers nécessitants plus de temps et des explications formulées autrement alors que les seconds, en rupture avec l’institution, requièrent une véritable alternative.

Une véritable formation de l’enseignement

Dans cette perspective, La NgS propose de rétablir une véritable formation des enseignants. Supprimée par Nicolas Sarkozy pour raison de rigueur budgétaire, elle a été rétablie par François Hollande de manière boiteuse et sans se donner les moyens d’élaborer des formations qui tiennent compte des spécificités locales. Outre le fait de privilégier le « savoir transmettre » en abandonnant le principe selon lequel pour être un bon enseignant, il convient d’être « un expert » dans sa matière, cette formation, doit sensibiliser les enseignants à la détection des causes des difficultés scolaires (dyslexie, dysgraphie, problèmes moteurs, environnement, etc) en ayant toujours en tête que seul le sujet apprend et que cet engagement nécessite, avant tout, sa mobilisation. De ce fait, ce qui est en jeu, c’est d’interpeller les futurs enseignants sur la construction de situations qui permettraient aux élèves en situation de difficulté ou d’échec de mobiliser leurs ressources, de les structurer, de se les approprier pour les transférer.

Des moyens financiers donnés aux étudiants

Le principe d’octroyer une bourse équivalente au SMIC aux étudiants-enseignants, en échange d’un engagement décennal à servir l’Etat, est une solution qui doit être envisagée. Un étudiant, doit pouvoir mobiliser l’intégralité de son temps pour sa formation sans être contraint d’enchaîner des petits boulots.

Ne l’oublions pas, l’échec se noue très tôt !

L’échec scolaire est un phénomène social considérable que la Nouvelle Gauche Socialiste place au coeur de ses priorités en raison des nombreuses conséquences qu’il engendre, tant sur les plans personnels que sociaux. Dans bon nombre de cas, il trouve racine dans des difficultés scolaires non résolues. En effet, tous les enfants ne font pas leur rentrée scolaire avec les mêmes chances de réussite. Dès lors, plus l’intervention sera précoce, plus les chances de favoriser sa réussite et la poursuite d’études seront importantes.

Pour la NgS, il est plus facile de maintenir un jeune à l’école que de l‘y ramener ! Il est donc essentiel que des efforts de prévention soient déployés dès la petite enfance, au début du cycle scolaire. Á cet égard, l’élève doit être au centre du projet éducatif avec la mise en place de concertations programmées entre enseignants/parents/et autres intervenants notamment le personnel de service éducatif. 

Dès la maternelle

La priorité de l’école maternelle française doit être de donner à tous les enfants qui lui sont confiés une maîtrise du français oral qui leur permettra de dominer les mécanismes du code écrit par la suite. L’acquisition d’un vocabulaire riche et précis est donc un de ses objectifs essentiels.

L’intégration scolaire comme grande cause nationale

L’éducation nationale doit répondre aux besoins éducatifs de chaque élève. Pour ceux dont les difficultés sont naissantes, une approche individuelle de la part de tous les acteurs éducatifs est nécessaire et appelle à la création de métiers nouveaux comme celui « d’éducateur en intégration scolaire ».

Cette nouvelle approche s’orientera selon 5 axes :

  • Reconnaître l’importance de la prévention ainsi que d’une intervention rapide.
  • Placer l’adaptation des services éducatifs comme première préoccupation pour toutes les personnes intervenants auprès des élèves dont les difficultés ont été repérées.
  • Mettre l’organisation des services éducatifs au service des ces élèves, en la fondant sur leurs besoins.
  • Redonner au secteur de l’Adaptation et de l’Intégration Scolaire les moyens qu’il n’a cessé de perdre au fil des ans : instituteurs spécialisés, médecins scolaires, psychologues scolaires, rééducateurs etc…
  • Former les enseignants à la prise en compte des élèves présentant des difficultés lourdes.

Lutter contre l’échec scolaire, cela passe par un accueil différencié dès le CP

– Nous proposons, dans cette perspective, la mise en place d’un CP en deux ans avec un effectif limité à 15 élèves. Cette condition nous paraît essentielle pour garantir la réussite du plus grand nombre dans les apprentissages de base.

La nation a besoin d’enseignants car ils sont les garants du patrimoine des valeurs culturelles, scientifiques et morales

L’engagement n°36 du candidat Hollande se voulait ambitieux en créant 60 000 postes dans tous les domaines de l’éducation d’ici l’aulne 2017. Une promesse que ce gouvernement s’est toujours targué de tenir, annonçant régulièrement une augmentation des effectifs. Ces annonces sont en trompe l’œil et n’ont pas dupé le milieu enseignant. Les 31 627 embauches réalisées depuis le début du quinquennat Hollande résultent, une fois encore, d’un subterfuge comptable car seules 4 000 embauches correspondent à des emplois de titulaires. Les 28 000 restantes concernent des postes de stagiaire dont la pérennité dépend de la création de postes de titulaire. Ces postes de stagiaires doivent faire l’objet de mesures immédiates visant à les titulariser.

De plus, et selon une étude de l’OCDE datant de 2013, le salaire des enseignants français au primaire, serait inférieur de 30% à celui du salaire moyen dans l’Union européenne. Cet écart descend à 10% dans le secondaire. Malgré l’augmentation de leur prime et la revalorisation du point d’indice annoncées en grande pompe par la ministre de l’éducation nationale, les enseignants du primaire ne seront pas à la noce en France. Ainsi, en début de carrière, ils gagneront toujours 20% de moins que les Belges et 44% de moins que les Allemands ou les Danois. Cette situation est regrettable ! La Nouvelle Gauche Socialiste demande une revalorisation conséquence des salaires avec un  alignement progressif sur les standards Allemand.

Ces mesures,  que nous jugeons nécessaires pour que la régression de l’échec scolaire se poursuive, ne doivent cependant pas être entachées d’illusions : elles ne pourront pas complètement éradiquer l’échec scolaire dans une société en crise ; elles pourront, toutefois, aider chaque élève en particulier, aux prises avec de grandes difficultés scolaires. On ne doit ni sombrer dans le fatalisme venu en partie d’une meilleure connaissance sociologique du phénomène, ni croire en un remède magique, définitif, de type volontariste.

Ces propositions sont le début de notre base programmatique dans le secteur de l’éducation.

 

Joël Villain, Membre du collectif national NgS Drôme,ex  instituteur spécialisé , ex militant CGT éducation.

Marianne Nedyj, coordinatrice générale NgS

 

 

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